Le choc hypovolémique, caractérisé par une diminution significative du volume sanguin circulant, constitue une urgence médicale nécessitant une intervention rapide. Ce choc peut résulter d’hémorragies massives, de pertes liquidiennes importantes (brûlures sévères, vomissements, diarrhées) et, sans une prise en charge adéquate, il peut mener à une défaillance multiviscérale. Cet article offre aux professionnels de santé des outils pratiques et des données chiffrées pour établir un diagnostic précis du choc hypovolémique hors cadre hospitalier, en incluant les différentes phases de ce choc.
Épidémiologie et Importance du Diagnostic Précoce
Les statistiques montrent l’urgence d’identifier rapidement un choc hypovolémique. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les traumatismes hémorragiques sont responsables de près de 1,9 million de décès annuels dans le monde. Aux États-Unis, les hémorragies non contrôlées représentent environ 30 à 40 % des décès traumatiques. La reconnaissance rapide des signes de choc hypovolémique peut significativement améliorer les taux de survie.

Phases du Choc Hypovolémique
Le choc hypovolémique se déroule en plusieurs phases, chacune caractérisée par des signes cliniques spécifiques :
- Phase Initiale (Compensée) :
- Signes cliniques : Tachycardie modérée, légère tachypnée, anxiété, soif.
- Mécanisme : L’organisme tente de compenser la perte de volume par la vasoconstriction périphérique et l’augmentation de la fréquence cardiaque pour maintenir la perfusion des organes vitaux.
- Pression artérielle : Souvent normale ou légèrement diminuée.
- Phase Progressive (Décompensée) :
- Signes cliniques : Hypotension marquée, tachycardie sévère, tachypnée, peau froide et moite, agitation ou confusion, oligurie.
- Mécanisme : Les mécanismes compensatoires deviennent insuffisants, entraînant une diminution de la perfusion tissulaire et une hypoxie des organes.
- Pression artérielle : Diminuée de façon significative.
- Phase Réfractaire :
- Signes cliniques : Hypotension sévère persistante, bradycardie (signes de défaillance cardiaque imminente), respiration superficielle, coma, anurie.
- Mécanisme : Défaillance circulatoire irréversible, entraînant des dommages cellulaires permanents et la défaillance multiviscérale.
- Pression artérielle : Critiquement basse, souvent non mesurable.
Signes Cliniques et Paramètres Vitaux
Le diagnostic clinique repose sur l’identification de signes vitaux et de symptômes indicatifs de la perte de volume. Les manifestations typiques incluent :
- Hypotension : Pression artérielle systolique < 90 mmHg.
- Tachycardie : Fréquence cardiaque > 100 battements par minute.
- Tachypnée : Fréquence respiratoire > 20 respirations par minute.
- Pâleur, moiteur et froideur de la peau : Témoins de vasoconstriction périphérique.
- Altération de l’état mental : Confusion, agitation ou léthargie.
- Oligurie : Débit urinaire < 0,5 ml/kg/h chez l’adulte.
Évaluation Initiale
Une évaluation rapide et continue des signes vitaux et de l’état clinique est essentielle. Les outils suivants sont recommandés pour une évaluation efficace :
- Score de Glasgow : Évaluer l’état de conscience du patient.
- Dispositifs de monitoring portables : Mesurer la saturation en oxygène et la pression artérielle.
- Échographie FAST (Focused Assessment with Sonography for Trauma) : Identifier rapidement les hémorragies internes.
Signes Spécifiques et Réponse au Traitement
Le diagnostic du choc hypovolémique peut également se baser sur la réponse du patient aux interventions initiales. Une absence de réponse à un bolus initial de cristalloïdes isotoniques peut indiquer un choc sévère nécessitant une intervention plus agressive. La pression artérielle systolique < 90 mmHg et la fréquence cardiaque > 120 battements par minute après l’administration de fluides sont des indicateurs d’un choc hypovolémique persistant.

Utilisation des Scores de Gravité
Des scores de gravité tels que le Revised Trauma Score (RTS) et le Shock Index (SI, calculé comme le ratio de la fréquence cardiaque à la pression artérielle systolique) peuvent être utilisés pour affiner le diagnostic. Un Shock Index > 0,9 est fortement suggestif d’un choc hypovolémique.

Conclusion
Le diagnostic préhospitalier du choc hypovolémique repose sur une évaluation rapide des signes cliniques, l’utilisation d’outils de monitoring portables et une réponse appropriée aux interventions initiales. Une prise en charge rapide et efficace peut significativement améliorer le pronostic des patients. Les professionnels de santé doivent être formés à reconnaître rapidement les signes de choc hypovolémique et à suivre des protocoles standardisés pour optimiser les chances de survie.
Références
- Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Global status report on road safety 2018. »
- American College of Surgeons. « Advanced Trauma Life Support (ATLS) Student Course Manual, » 10th Edition, 2018.
- National Institute for Health and Care Excellence (NICE). « Trauma: assessment and management of trauma, » 2016.
- Kauvar, David S., et al. « Impact of hemorrhage on trauma outcome: an overview of epidemiology, clinical presentations, and therapeutic considerations. » Journal of Trauma and Acute Care Surgery, vol. 60, no. 6, 2006.

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